Dans cet article
  1. En bref
  2. Maupassant et les Contes de la bécasse
  3. D'où vient le mot ?
  4. Une réputation de sotte
  5. Petit glossaire
  6. Et en dehors de la France ?
  7. Pour aller plus loin

En bref

Œuvre phare
Contes de la bécasse, Guy de Maupassant, recueil de 1883
Nom savant
Scolopax rusticola
Sens figuré
« bécasse » : femme niaise, sotte
Mot rare
« pairon » : deux bécasses ensemble

Maupassant et les Contes de la bécasse

Le recueil de Guy de Maupassant paraît en 1883. Il rassemble des nouvelles publiées auparavant dans la presse, notamment dans le journal Gil Blas. Le titre vient du récit-cadre : à la fin d'un repas de chasse, dans un château normand, un convive prend la parole pour raconter des histoires, tandis que le plat de bécasses est servi. Ce cadre donne son unité à un ensemble de contes très divers, parfois drôles, parfois cruels, souvent normands.

Le narrateur est un hôte nommé le baron des Ravots, personnage de la fiction, et non un modèle historique que l'on pourrait identifier avec certitude. La bécasse est donc ici d'abord un prétexte et un décor, comme chez beaucoup d'écrivains du XIXe siècle pour qui la chasse était un lieu de sociabilité et de conversation. Le texte est dans le domaine public et se lit gratuitement sur Wikisource.

D'où vient le mot ?

« Bécasse » est un dérivé de « bec », avec le suffixe -asse : c'est l'oiseau au bec. Le nom scientifique, Scolopax rusticola, joint un mot d'origine grecque, qui renvoie à un objet pointu, et un adjectif latin signifiant « qui vit à la campagne ». Le bec est donc au cœur des deux noms.

Une réputation de sotte

Dans le langage courant, « une bécasse » désigne une femme niaise ou sotte. Cette expression, aujourd'hui vieillie, a longtemps accompagné une réputation faite à l'oiseau lui-même : on lui prêtait de la naïveté, parce qu'elle se laisse approcher de près quand elle se fie à son camouflage. C'est une erreur de lecture : l'immobilité de la bécasse est une stratégie de survie très efficace, pas un manque d'intelligence. Le mot « bécassine » a suivi un chemin comparable, du nom d'un oiseau voisin au personnage de bande dessinée.

Petit glossaire

Bécasse
l'oiseau lui-même ; au figuré, une personne niaise.
Mordorée
d'un brun chaud à reflets dorés, comme un plumage de feuilles d'automne. Le mot sert souvent à évoquer la couleur de la bécasse.
Croule
le vol de parade du mâle, au printemps, au crépuscule. Voir La croule.
Passée
le vol du soir, quand la bécasse quitte le bois pour aller se nourrir.
Pairon
deux bécasses trouvées ensemble. Le mot est formé de « paire » et du suffixe -on ; c'est le mot qui a donné son nom à ce site.
Miroir
la fiente blanche à centre noir de la bécasse, que l'on repère au sol.
Pourquoi « Le Pairon » ? Parce qu'une rencontre de deux bécasses est rare et belle, et que le mot, lui, est presque oublié. Il méritait de revenir.

Et en dehors de la France ?

L'espèce a bien d'autres noms selon les régions et les langues : l'anglais dit woodcock, « coq des bois », l'allemand Waldschnepfe, « bécasse des forêts ». Dans les parlers régionaux français, on trouve aussi des surnoms nombreux ; ils méritent un article à eux seuls et nous les rassemblerons au fil des suggestions de lecteurs.

Pour aller plus loin

  • Guy de Maupassant, Contes de la bécasse (1883), sur Wikisource.
  • Le Réseau Bécasse de l'OFB, pour la partie scientifique (voir Science).
  • Les atlas régionaux d'oiseaux nicheurs, souvent consultables en ligne.

Sources et pour aller plus loin