Dans cet article
En bref
- Qui
- le mâle, au-dessus de son territoire
- Quand
- au crépuscule (et un peu à l'aube), surtout d'avril à juillet
- Où
- au-dessus et le long des clairières, lisières, chemins forestiers, jeunes plantations
- Ce qu'on entend
- un grognement grave, puis un sifflement aigu
- Matériel
- aucun : de la patience et de bons vêtements
Un vol de parade, à l'heure où l'on ne voit presque plus
Le mot « croule » désigne le vol de parade de la bécasse. Au printemps, le mâle survole son territoire de façon régulière, avec des battements d'ailes lents et un vol qui paraît presque hésitant, à la hauteur de la cime des arbres. Il suit en général le même parcours, ce qui permet de le voir passer plusieurs fois au même endroit en une soirée. Le vol dure en moyenne une vingtaine de minutes au crépuscule, mais cette durée varie selon les conditions.
Deux cris à reconnaître
Pendant qu'il vole, le mâle alterne deux types de cris : un grognement grave, répété, que l'on décrit comme un « croassement » étouffé, et un sifflement bref et aigu, plutôt nasal. Le grognement s'entend de loin sur un air calme, alors que le sifflement porte surtout quand l'oiseau passe juste au-dessus de vous. C'est de ce grognement que vient, selon les dictionnaires, le mot « croule ».
Quand venir
La période va de la fin de l'hiver au début de l'été, avec un maximum de mars-avril à juin selon la région et l'altitude. Plus l'altitude est élevée, plus la saison est tardive. Le meilleur moment dans la journée se situe autour du coucher du soleil : on arrive environ une demi-heure avant, et on reste jusqu'à la nuit noire. Un peu de vent ou de pluie fine ne l'empêche pas toujours, mais un ciel clair et calme est préférable.
Calculer l'heure pour votre commune
L'outil ci-dessous calcule l'heure du coucher du soleil et la fin du crépuscule pour une date et une ville. Il fonctionne directement dans votre navigateur : rien n'est envoyé.
Où se placer
Les mâles évoluent le long des espaces ouverts de la forêt : grandes clairières, chemins larges, lisières, coupes récentes et jeunes plantations. On se place en bordure, à découvert, face à l'ouverture du ciel : c'est là qu'on voit le mieux la silhouette de l'oiseau, qui se détache sur le ciel clair. Sa forme est typique : une silhouette trapue, un bec long tenu vers le bas, des ailes arrondies et des battements lents.
Observer sans déranger
- Restez sur les chemins et en lisière, sans pénétrer dans la forêt.
- Arrivez à l'avance et restez immobile et silencieux. Pas de lampe : un éclairage blanc dérange et gâche votre vision de nuit.
- Tenez les chiens en laisse, ou laissez-les à la maison.
- N'utilisez pas d'enregistrement de cris pour faire réagir l'oiseau.
- Ne publiez pas de position précise : indiquez seulement la commune ou le massif.
- Évitez d'y retourner chaque soir au même endroit si l'oiseau semble perturbé.
Prévoyez des vêtements chauds : l'attente est souvent plus fraîche qu'on ne le croit. Une paire de jumelles est utile mais pas indispensable : on entend l'oiseau avant de le voir, et on le voit surtout en contre-jour.
Noter ce que l'on observe
Un carnet suffit : date, heure du premier passage, nombre de passages, météo, cris entendus. Si vous souhaitez transmettre vos observations, les plateformes naturalistes régionales acceptent les données de croule, avec une localisation floutée à la commune. Un journal d'observations privé est prévu dans la page Outils.