Dans cet article
  1. En bref
  2. Le jour, immobile sous les feuilles
  3. La nuit, au pré
  4. Reconnaître sa présence sans la voir
  5. Un oiseau solitaire
  6. La reproduction
  7. Ce qui la menace au printemps

En bref

Activité
crépusculaire et nocturne
Habitat
forêts de feuillus et mixtes, sous-bois humides, taillis ; prés et lisières la nuit
Mode de vie
solitaire
Alimentation
vers de terre, insectes, araignées
Nid
simple creux au sol, dans les feuilles mortes
Ponte
en général quatre œufs (à vérifier dans les atlas régionaux)

Le jour, immobile sous les feuilles

Pendant la journée, la bécasse reste dans le couvert forestier, souvent dans un sous-bois frais ou humide : hêtraie, taillis, bords de ruisseaux, parfois jeunes plantations. Elle ne cherche pas à fuir. Elle s'accroupit, laisse son plumage faire son travail et compte sur l'immobilité.

C'est seulement quand le danger est tout proche qu'elle s'envole d'un coup, dans un bruit d'ailes, en filant entre les troncs. C'est aussi pour cette raison que la plupart des promeneurs n'en ont jamais vu une : le plus souvent, ils sont passés à côté d'elle sans le savoir.

La nuit, au pré

À la tombée de la nuit, elle quitte la forêt pour des terrains plus ouverts où le sol est tendre : prairies pâturées, clairières, lisières, fonds humides. Elle y plante son bec dans la terre pour chercher des vers de terre, des insectes et des araignées. Elle regagne le couvert avant le jour.

Chaque oiseau semble très attaché à ses lieux. Les études faites en Bretagne ont montré une grande fidélité des bécasses à leur site d'hivernage d'une année sur l'autre, et le rythme de vie de l'oiseau change entre l'hiver et la saison de reproduction. Cette habitude de sortir la nuit dans les mêmes champs est utilisée par les scientifiques pour les compter : nous en parlons dans l'article Science.

Reconnaître sa présence sans la voir

Comme la plupart des animaux de nuit, la bécasse se repère surtout par des traces. La plus parlante est la fiente : des naturalistes décrivent un « miroir » de bécasse, une tache blanche avec, en son centre, une partie noire, qu'on trouve sur la terre ou les feuilles là où l'oiseau s'est tenu. Sur un sol meuble, on peut aussi repérer les petits trous que laisse le bec quand l'oiseau sonde la terre. Les plumes tombées, enfin, sont d'une couleur de feuille morte caractéristique.

Un conseil. Si vous trouvez une plume ou un miroir, notez-le dans un carnet, mais ne cherchez pas à approcher l'endroit où elle se cache. Une bécasse dérangée à plusieurs reprises peut abandonner son site.

Un oiseau solitaire

La bécasse ne vit pas en groupe et ne forme pas de volées comme les canards ou les vanneaux. On la rencontre seule, parfois à deux : les chasseurs ont même un mot pour cela, le pairon, que nous expliquons dans l'article Culture. Au printemps, ce sont les mâles qui font parler d'eux, par un vol de parade appelé croule, décrit dans l'article La croule.

La reproduction

En France, la bécasse niche surtout dans les grands massifs forestiers de l'est et du nord-est, et en montagne. Dans le Morvan, des observations de nidification existent depuis 1906 et la population nicheuse y est plus présente au-dessus de 500 mètres d'altitude. Une partie de ces oiseaux restent sur place toute l'année, alors que les bécasses qui hivernent chez nous viennent d'ailleurs.

Le nid est un simple creux au sol, garni de feuilles mortes. Il est si bien camouflé que les naturalistes du Morvan le décrivent comme une découverte exceptionnelle : même pour des spécialistes, trouver un nid de bécasse relève de la chance. La ponte comprend en général quatre œufs, couvés par la femelle pendant environ trois semaines. Les poussins quittent le nid très vite et suivent leur mère. Plusieurs observateurs rapportent que la mère pourrait transporter un poussin en vol ou entre ses pattes, un comportement signalé chez certains limicoles mais encore difficile à confirmer chez la bécasse.

Ce qui la menace au printemps

Pendant la reproduction, les nids au sol sont vulnérables au dérangement et à la prédation, et les travaux forestiers peuvent détruire les endroits qu'elle préfère. Les spécialistes qui l'étudient en Morvan recommandent d'éviter de transformer les forêts humides spontanées, notamment par la plantation d'autres essences, qui les rendent moins favorables à l'espèce.

Si vous croisez une bécasse au printemps. Gardez vos distances, tenez les chiens en laisse et ne publiez jamais l'emplacement précis d'un nid ou d'une zone de croule. Pour un oiseau aussi rare comme nicheur en plaine, la discrétion est la meilleure protection.

Sources et pour aller plus loin